25 heures sur les 25 bosses

C’est une histoire inédite que nous vous proposons de découvrir aujourd’hui, c’est d’Alexandre B, le célèbre « Casquette Verte » bien connu dans la communauté des traileurs ! Le gaillard a effectué plusieurs tours sur le circuit des 25 bosses, mais ne spoilons pas l’histoire, découvrez son interview, ses conseils et son avis sur les 25 bosses.

Bonjour Alexandre, amateur de course à pied également, j’ai beaucoup entendu parlé de toi. Est ce que tu peux te présenter pour nos lecteurs ?

Je m’appelle Alexandre B, mais on me connaît mieux sous le pseudo @Casquette Verte. J’ai 27 ans. J’habite Saint Mandé, à deux foulées du Bois de Vincennes. Je cours depuis quatre ans, et je fais réellement du Trail depuis 3 ans.  Je m’oriente complètement sur l’Ultra, les distances longues, le bon gros dénivelé et de temps en temps je m’amuse à tenter des défis personnels assez loufoques, mais toujours physiquement exigeant (25 H des 25 Bosses, UTMM – Ultra Trail MontMartre, 100 V de GraVelle…). Ma pratique n’est ni une drogue, ni une addiction, ni une contrainte. Je cours totalement à l’envie. 🏃🏻

Ton projet sur les 25 bosses, tu peux nous le résumer ? 

Alors, à la base l’idée était de tourner sur le circuit pendant 25 h. Faire 25 h au 25 Bosses, je trouvais le concept amusant.

Je n’avais jamais fait plus de 2 tours, pour moi c’était un peu le saut dans l’inconnu en forêt de Fontainebleau. Et puis, aussi, il y avait la découverte de la nuit sur le circuit des 25 bosses qui me donnait quelques frayeurs que je me voulais voir combattre. 

Au final, j’ai fait 8 tours du circuit. Soit 129 km et 7.609 D+ à la montre, en 24 h 06 min. Ça fait du 3h au tour en moyenne. Avec deux premiers tours un peu punchies : Tour 1 = 2h20 / Tour 2 = 2h10..

J’aurai bien continué pour finir la 25ème heure d’ailleurs, mais mon père venant me chercher, je n’avais pas trop le temps de faire un tour de plus. 

En résumé, l’idée est toute simple : J’ai fait le constat que de participer à un ultra traditionnel (organisé) est une charge lourde que cela soit financière (logement, dossard,etc…), ou d’un point de vu du temps perdu & empreinte carbone (transport). Certes, on est encadré, il y a la sécurité et le confort. Mais quand on en fait un par mois, c’est rapidement hors-budget ou trop chronophage.

Alors, pourquoi pas se créer son propre ultra en off’ à 50 minutes de voiture de Paris 🙂 C’est pas si compliqué que cela. Et si on s’y prend un peu sérieusement d’un point de vu logistique, on réduit les risques inhérents à la pratique d’un Ultra en Off en Solo. 

On connait ton palmarès, malgré tout on ne peut pas s’empêcher de penser que c’est sur-humain ! Comme l’as tu vécu ? Est ce qu’il y a eu un moment plus dur que les autres ?

Alors déjà, je t’arrête tout de suite. Ce n’est pas du tout sur-humain. J’ai beaucoup tendance à dire qu’avec un peu de motivation et d’envie tout le monde peut le faire. Bien sûr, il faut aimer cela. Bien évidement, il faut être entraîné. Mais je ne pense pas du tout qu’il faut avoir un « don » particulier, être né sur les flanc d’un 3000 où de s’être fait mordre par un chamois étant petit. 

Ce n’est en rien impossible. C’est à la portée de tous. La clés c’est la volonté et l’envie. 

Maintenant que ça c’est dit, je peux te dire comment c’était : 

RUDE.. assez rude 😂. On va pas se mentir, je vais te raconter dans quelques lignes à quel point c’était génial – fabuleux – fantastique (car ces ce que notre cerveau préfère retenir – Le goût de la crêpe / Pas la sensation de se brûler en la faisant). Mais ça serait incomplet de ne raconter que ces bons souvenirs. 

C’était dur. Un effort qui dépasse 16 – 18 h est toujours un effort réellement difficile. Douloureux. Profondément affectant. Mais sur ce terrain si particulier des 25 Bosses où l’on court d’abord avec les yeux avant de courir avec les jambes ; la fatigue mentale est presque plus difficile à gérer que la fatigue physique. Au fur et à mesure des Bosses, des dizaines de Km; Les cuisses piquent, les genoux claquent, les chevilles grincent.. ça c’est normal. Mais quand tu viens de faire ta troisième sortie de sentier en 10 minutes.. tu comprends que la fatigue à gérer est d’abord celle dans ta tête. 

Mais.. Étonnamment, j’ai très bien vécu mon expérience. Je pense que le fait de n’avoir pas de dossard m’a aidé. Moins de pression. Donc moins d’erreurs en course à vouloir me presser. Je me suis pris à peine deux ou trois taules. Ce qui est déjà en soit un record sur ce circuit. Et je n’ai pas eu cette sensation de ne pas vouloir repartir à la fin d’un tour. J’avais plutôt la curiosité de me dire « à quel moment ça va réellement devenir difficile – impossible? ». 

Tu as souvent été seul ? Tu as eu la u chance d’être accompagné une bonne partie du temps ?

J’ai eu l’honneur d’être souvent accompagné pendant presque toute la durée. Plusieurs groupes de 2 à 5 personnes me rejoignaient sur le circuit ou au niveau de mon ravito. Parfois, ils ne suivaient pas le rythme plus de 3 Bosses. Parfois on se faisait 2 ou 3 tours ensemble. Avec des moments appréciables de partage et de discussions. Mais aussi avec de longs moments de silences sportifs tout aussi appréciables. 

Au final, j’ai fait un seul tour en entier en solitaire. De nuit. Après 10 ou 12 h de course. C’était une vrai expérience. Se dire qu’on est seul au milieu d’une forêt à crapahuter dans les cailloux. Qu’on pourrait crier à l’aide.. Sans avoir de réponses pendant des heures. C’était assez fantastique au niveau des sensations. « Tiens.. la petite crevasse devant que tu dois sauter.. Si tu te loupes.. clairement.. on te retrouve pas » – « Ça a bougé là bas.. j’ai pas rêvé.. il y a un truc.. ». Le cerveau a une incroyable tendance à imaginer des situations, des formes, des décryptage de sensations lorsque l’on se retrouve seul dans ce type de moment. C’est fantastique à vivre. Surtout quand cela se termine bien. Et qu’après plusieurs heures de solitude. On repère au loin deux PETZL qui crient ton nom. 

Par rapport à ta prépa, tu connaissais déjà le circuit, une ou plusieurs reco avant ?

Je connaissais le circuit comme quelqu’un qui vient 2 – 3 fois par an, depuis 4 ans, pour m’y faire une petite sortie sympa. 

Au moment de me lancer dans mes 25 h des 25 Bosses, je n’y étais pas allé depuis un bon moment. Mais globalement, le parcours reste en tête. Même après plusieurs mois d’absence. 

Quand on fait autant de tours, on doit connaître le sentier par coeur. Rassures-nous, tu ne t’es jamais perdu ? Pas de souci de balisage ?

Ahahah. Ça c’est sur. Au bout du 3 ou 4ème tour.. j’avais vraiment bien en tête le parcours. Au bout du 5ème, je connaissais le prénom de certaines racines et de quelques rochers. Sur le 7ème, je pense que j’aurai pu faire des bouts les yeux fermés. Et pendant le 8ème, j’anticipai les tracés sur les deux Bosses suivantes.

Plus sérieusement, effectivement, je connais maintenant très bien le parcours (dans le sens anti-horaire). De plus, je me suis forcé à faire le parcours en entier. Pas en esquivant les passages très techniques, pas en esquivant les sommets des Bosses. Ca en devenait presque un jeu à la fin. J’arrivais à mieux prendre certains virages, certains appuis. C’était assez intéressant de comparer mes différents passages.. pour atteindre au bout de 5 ou 6 fois, la manière la plus optimale pour courir au mieux le circuit. 

Bon. On va pas se mentir non plus. J’ai beau avoir le parcours dans l’œil. J’ai beau avoir fait poser un léger balisage (Balise jaune rétro-éclairante de l’UT4M) pour la nuit.. je me suis foiré quelques fois. Jamais de très grandes distances. Mais un rocher non contourné. Le suivi d’un monotrace par erreur. Selon moi, même si le parcours est parfaitement balisé. Avec la fatigue, et lorsque l’on déconnecte un peu trop le cerveau. Le corps a tendance à suivre la navigation la plus simple et logique pour lui. Alors que le circuit ne va pas dans ce sens de la simplicité et de logique. Et c’est très certainement une des choses qui lui donne son caractère. 

Allez, je connais la réponse mais nos lecteurs seront peut être curieux de te suivre sur ta prochaine course, quelle est t’elle ? Est ce que les 25 bosses ont été ton terrain de jeu et d’entrainement pour cette prépa ?

Alors quite à parler des prochaines courses, on va parler de toutes : 

  • (Ce Vendredi) L’UTMB – Dossard 546 😉
  • En septembre : L’Impérial Trail qui passe pas loin des 25 Bosses et peut être l’EcoTrail de Wicklow (Ireland). 
  • En octobre : La Diagonale des fous
  • En novembre : Le Tour de Manhattan en Off. 
  • En décembre : La Lyon-SaintéLyon, Et pour finir l’UTMM – Ultra Trail MontMartre. 

Avant de s’attaquer à une année 2020 costaud (TransGranCanaria – Ecotrail de Paris – Ultra Trail du Mont Fuji ? – Hardrock – TDS – Diagonale – ..?) 😂.

À vrai dire, les 2 h de transport pour faire l’aller-retour aux 25 Bosses me freinent dans mon utilisation du circuit pour m’y entraîner. Si j’habitais à côté.. je pense que je l’inclurais dans mes semaines d’entraînements à hauteur de 2 ou 3 sorties (2 tours mini). Je trouve le terrain très bon pour préparer la relance (utile dans les courses du style : Templiers – Bouillonnante – Jura/Vosges) Et le technique (utile pour la Diagonale / Échappée belle / Restonica). 

Mais même si le parcours est Top. On ne peut pas tout y préparer. Pour les hautes vitesses c’est pas l’idéal, et contrairement à ce que l’on pense, je ne pense pas que ça soit du tout un circuit qui prépare au dénivelé. Les 900 m de D+ qu’on y trouve ne sont pas les 900 m de D+ que l’on retrouve en course dans les alpes. Il ne faut pas tomber dans l’excès de confiance. 

Bref. J’en profite pour féliciter les bénévoles qui s’occupent de l’entretien du terrain. C’est assez incroyable de voir à quel point le circuit reste dans un super état, malgré la quantité phénoménale de passage et l’accélération du nombre d’usagers (trailers) qui ont une pratique plus abrasive que celle des randonneurs. 

Je pense, qu’on ne se rend pas bien compte quand on passe dessus en courant. Mais il y a vraiment un Gros taff qui est effectué 👏🏻. 

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